Samedi le 23 mai 2009
Cours d'éthique et de culture religieuse...

Veuillez prendre note des détails des audiences à la Cour supérieure du Québec

Loyola High School c. Michelle COURCHESNE (ministre)
Borden Ladner Gervais SRL Me Bernard ROY (Justice Québec)

Palais de Justice de Montréal
1, rue Notre-Dame Est
Montréal

Début : Lundi, le 8 juin à 9H00 (assignation de la salle d’audience)
Salle : 15.07
Durée : 5 jours
Accès : Public


Course breaks the golden rule

The Gazette/Op-Ed, 2009-05-20, p.A18

Re: "Québec's ethics and religion course is worth defending" (Opinion, May 19).

Michael Schleifer completely sidesteps the concerns raised by William Johnson ("School course violates Quebecers' religious freedom," Opinion, May 10) and the questions raised by Loyola High School.

First, under the Charter of Rights and Freedoms, parents have the right to choose the religious training for their children. If parents want to teach a certain religion or philosophy, that is their right. If schools (and the Education system in Québec) try to teach something contrary to the parents belief, then parents have the ultimate authority and right to choose. It's all very well for Schleifer to argue that the course is good, but if the parents don't want it, they should have the final say. Strawberries might be good for you, too, but you don't have to eat them.

Second, the course is not age appropriate for third- or fifth-grade students. A child is taught by his parents and religious institution that certain things are true or sacred. Then if the school teacher, who is considered an authority by young children, teaches the contrary, the child will be confused. Children at that age cannot hold contrary views in their minds and try to figure out what they want to believe. Schleifer refers to the golden rule – "Don't do to others what you don't want them to do to you," or in the positive form, "Do for others what you want them to do for you." By forcing a course of study on children, the state is breaking this vital rule.

Ed Hoyer, Roxboro

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Benoît XVI, homme politique ?

SRC, Carnets d’Alain Crevier, 2009-05-20

Cette semaine, je voulais vous parler du retour des catholiques sur la place publique. Depuis quelques années, on ne les voyait pas beaucoup. On ne les entendait pratiquement plus. Mais quelque chose a changé. Le dernier carnet sur le cours d'Éthique et culture religieuse en est un bon exemple. J'y reviendrai plus tard cette semaine. Je trouvais difficile de ne pas parler du voyage de Benoît XVI en Terre sainte. Franchement, me semble-t-il, étonnant voyage !

...

Benoît XVI comme médiateur ?

Je crois que ce qu'on retiendra, ce sera cette image d'un pape qui traverse un poste de contrôle et entre en territoires occupés. Ce seront ces quelques mots en faveur d'un État palestinien, qu'il a répétés en plusieurs occasions. Ce sera ce discours où lui, Benoît XVI, a offert ouvertement sa sympathie et son soutien aux victimes de Gaza. Franchement, j'ai eu le sentiment que Benoît XVI s'offrait comme médiateur. Qui l'eut cru… Benoît XVI, un homme politique ? Maintenant, la question. Lui, ce pape qui porte plusieurs controverses sur son dos, peut-il changer quelque chose dans cette région du monde ? Pourrait-il être un facteur de changement politique ? Benoît XVI, un facteur de changement ?

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2009/05/20/120502.shtml?auteur=2278


Capsule 29 Les vérités universelles I

http://www.youtube.com/watch?v=9cxtAcWwWZg

Au Palais de justice de Drummondville s’est tenu, la semaine dernière, un procès intenté par une famille contre la Commission scolaire des Chênes. M. Georges Leroux, un témoin expert du gouvernement, nous apprendra notamment que le cours ÉCR ne doit pas être sujet au régime d’exemption à cause de son caractère universel. Eh bien, oui. Le cours ÉCR est fondé sur des vérités universelles dont nos enfants ne doivent pas être privés.

Capsule 30 Les vérités universelles II

http://www.youtube.com/watch?v=FCrJUpXj6fI

Selon Georges Leroux, une vérité universelle est une vérité que partage naturellement l’ensemble des peuples du monde. « Tu ne tueras point » est un exemple de ce qu’est une vérité universelle selon Leroux. Mais qui donc peut se targuer d’être à la fois juge et arbitre de ce qu’est une vérité universelle? Croyez-le ou non, il paraît que, au Québec, nous sommes en possession de ce savoir extraordinaire et que c’est là une des raisons qui pousse l’État à imposer le cours ÉCR dans toutes les écoles du Québec.


La chronique de Joseph Facal

Dieu est encore partout
Joseph Facal, Journal de Montréal/de Québec, 2009-05-20

Vous avez tort de regarder de haut Drummondville. Il s'y passe des choses très importantes. Des parents de l'endroit viennent de s'adresser au tribunal pour obtenir que leurs enfants soient exemptés du nouveau cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR). Ce cours obligatoire remplace l'ancien régime qui donnait le choix entre l'enseignement de la religion catholique ou protestante, ou l'enseignement moral. Les parents sont des catholiques qui invoquent que c'est eux et non l'État qui devraient avoir le dernier mot en matière d'éducation religieuse. J'avoue que l'ancien régime me chicotait. J'ai toujours pensé que ce n'est pas une des missions de l'école que de transmettre une foi religieuse particulière. C'est aux autorités religieuses et aux parents que ce rôle incombe. Mais le gouvernement, lui, plaide que le cours ne vise qu'à former de bons petits Québécois ouverts à la diversité d'aujourd'hui, en les initiant aux différentes cultures et aux différentes religions. De la pure foutaise.

ENDOCTRINEMENT

Supposons, comme le notait Christian Rioux du Devoir, que vous voulez initier les enfants à la littérature arabe. Ne serait-il pas plus logique de le faire dans un cours de littérature donné par un professeur dont c'est la spécialité ? Si vous voulez initier les enfants à l'histoire des religions amérindiennes, un cours d'histoire donné par un historien de métier ne serait-il pas la façon toute désignée ? Autrement dit, si on enlève du cours d'ÉCR tout ce qui normalement devrait trouver sa place dans des cours déjà prévus au programme, que reste-t-il ? Il reste la véritable intention des promoteurs du cours : non pas ouvrir les enfants à la différence, comme s'ils étaient présentement fermés, mais plutôt les convertir à leurs vues. Et quelles sont ces vues ? Mais tout simplement, le nouveau catéchisme du Québec moderne : le multiculturalisme à la canadienne, les droits individuels, les Chartes. Nous sommes simplement en train de remplacer une religion par une autre. Nouvelles soutanes, nouveau discours, même mentalité. Allez lire les documents produits par les promoteurs du cours ÉCR. Si j'avais de la place, je vous citerais des extraits ahurissants. L'enfant doit en venir à trouver normal que son petit copain sikh porte un couteau, ou que l'on déplace une date d'examen pour cause de fête religieuse. Si vous êtes contre, vous êtes « nostalgique » et souffrez de « repli identitaire ».

MATRAQUAGE

Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent. Pour qu'un immigrant s'intègre, qui doit faire le plus gros du chemin, lui ou la société qui l'accueille ? Est-ce que la majorité a le droit de poser ses valeurs forgées par 400 ans d'histoire comme culture de convergence ? Les pratiques religieuses doivent-elles être confinées à la sphère privée et dans les lieux de culte prévus pour cela ? Où est-ce que les institutions publiques doivent se transformer pour accueillir toutes les croyances ? Comme le notait une collègue, après dix ans d'un tel matraquage idéologique, nos enfants ne sauront pas grand-chose de l'histoire des religions, mais il n'y a pas une seule demande d'« accommodement », aussi exagérée soit-elle, qui ne leur semblera pas « raisonnable ». C'est le vrai but de ce cours.

http://www.canoe.com/infos/chroniques/josephfacal/archives/2009/05/20090520-102200.html


Réponse à la lettre de l'abbé Gravel
Le pouvoir légitime des parents
L’Action (Joliette), 2009-05-19

Le procès opposant les parents qui demandent l’exemption de leurs enfants du cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR) et la Commission scolaire Des Chênes, assistée de la Procureure Générale comme intervenante, a eu lieu à la Cour Supérieure du Québec à Drummondville du 11 au 15 mai 2008. Ayant assisté à l’entièreté de la preuve présentée par les deux parties, je réaffirme l’appui de la part de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) aux parents qui demandent l’exemption pour leurs enfants. Le Cardinal Zenon Grocholewski de Rome, se référant « à de nouvelles réglementations civiles » qui remplacent l’enseignement religieux par des cours de « morale et culture religieuse », a publié très récemment (le 5 mai 2009), une lettre à tous les évêques du monde pour distribution auprès de ceux engagés dans la mission éducatrice de l’Église. Cette lettre rappelle très fortement la priorité pour le parent de choisir l’éducation morale et religieuse de leurs enfants à l’école comme ailleurs : « Au sein d’une société pluraliste, le droit à la liberté religieuse requiert à la fois l’assurance que l’enseignement religieux soit donné dans les écoles, et une garantie que cet enseignement soit en conformité avec les croyances des parents. » La lettre du cardinal Grocholewski vient renforcer ses remarques orales il y a quelques semaines à l'effet que l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse au Québec « violait le droit des parents. » (Zenit, 19 février 2009) En tant que préfet de la Congrégation pour l’Éducation catholique, le Cardinal, le 5 mai 2009, a prévenu des dangers suivants : « Si l’enseignement religieux se limite à une exposition de différentes religions de manière comparative et “neutre”, cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l’indifférentisme. » Ce n’est pas différent de ce que disent les parents qui demandent d’exempter leur enfant du cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR), ni des propos du théologien Guy Durand, témoin expert pour les parents en Cour supérieure à Drummondville du 11 au 15 mai 2009, qui a souligné que ce cours mène au relativisme. Ce ne sont pas quelques parents marginaux qui s’objectent à ce cours, contrairement aux dires de M. Raymond Gravel (L’Action, le 14 mai 2009). Les Chevaliers de Colomb de la province veulent la reconnaissance du droit à l’exemption et que ce cours soit optionnel. Il en va de même pour les coptes orthodoxes, pour les parents de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) et de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), pour plusieurs pasteurs évangéliques et autres. Lorsque 2000 parents demandent l’exemption, que 200 parents retirent leurs enfants et que des parents poursuivent une commission scolaire en cour, il y a lieu de s’interroger. Pour moins que cela, on avait introduit l’enseignement moral comme option à l’enseignement religieux, il y a plus de 25 ans. L’APCQ demande, avec les autres parents, que les commissions scolaires accordent l’exemption aux parents qui le demandent ou, mieux encore, que le cours ÉCR soit optionnel.

David Mascré, philosophe et professeur associé à l’Université de Paris, après une analyse minutieuse du programme, considère que ce dernier est dangereux pour les enfants car il promeut « le polythéisme » et « réduit systématiquement le contenu de la foi à un ensemble de symboles sans fondement objectif ni assise rationnelle ». Son analyse confirme celles faites par les parents de la province. Il ne faut pas confondre la perte du choix entre l’enseignement religieux ou l’enseignement moral (sans religion) et l’imposition du programme d’ÉCR. Les parents veulent avoir, bien sûr, une option respectueuse de leur foi à l’école comme l’a maintes fois recommandé le Vatican. Cependant ils veulent aussi et séparément, ne pas voir des religions étrangères imposées à leurs enfants dans le contexte d’un cours non chrétien comme ÉCR. Ils ne veulent pas, non plus, que leurs enfants soient soumis à une approche de clarification des valeurs pour l’éthique, comme c’est le cas dans ÉCR. Le cynisme, la moquerie et le mépris de M. Gravel à l’égard des parents ne semblent pas connaître de limite (L’Action, le 14 mai 2009). Mais, à mon étonnement, M. Gilles Routhier, théologien expert pour la Commission scolaire Des Chênes à Drummondville, a aussi reproché aux parents : « de bouder le programme, de faire des marches et des manifestations ». Par ces actions, les parents ne font qu’exercer leur pouvoir démocratique et défendre leurs droits. L’État et certains membres du clergé ont peut-être un agenda social à promouvoir, mais ce débat doit se faire entre adultes consentants. Ne le faisons pas sur le dos des enfants. En dépit de sa position pro-ÉCR, Georges Leroux, témoin expert pour la Commission scolaire à Drummondville, a prévenu contre le fascisme quand l’autorité parentale tombe. Il faut renforcer et non miner l’autorité parentale et le droit de choisir des parents. Les parents ne sont pas des fanatiques parce qu’ils tentent de passer à leurs enfants des valeurs sûres et une foi vivante et parce qu’ils ne veulent pas voir cet ouvrage détruit par l’école, en l’occurrence par le cours ÉCR. L’APCQ demande le respect pour ces parents et pour leurs enfants et adolescents dont la liberté de conscience et de religion est aussi bafouée.

Lorsqu’on demande à l’enfant de comparer des récits religieux, de rentrer dans des lieux de culte en prenant les postures requises par cette croyance, de nommer des noms de dieux païens, de lire des prières des spiritualités autochtones, de raconter comment il vit sa religion à domicile, de se taire devant des opinions qu’il trouve irresponsables ou devant des croyances qu’il trouve illégitimes, d’accepter toute croyance sur le même pied, on demande à l’enfant d’agir et non seulement d’observer le phénomène religieux, contrairement à ce qu’ont prétendu M. Jacques Pettigrew et M. Routhier lors des audiences en cour. Ces actes interfèrent avec le développement religieux de l’enfant car il doit mettre de côté son esprit critique face aux autres religions et collaborer avec des actions qui vont parfois contre sa foi. Le vivre-ensemble n’est pas tout, l’enfant tend entièrement vers la connaissance de la vérité, comme l’a précisé le professeur Mascré devant le Tribunal. Laissons les parents éduquer leurs enfants. Ne tentons pas de leur enlever ce privilège qui vient avec la responsabilité de les élever. Faisons confiance au peuple québécois en leur laissant, comme le stipule le Vatican, une réelle liberté dans le choix de l’école et des programmes. Rejetons l’approche totalitaire qui impose, par le biais de lois gouvernementales, de cours obligatoires et de mépris des demandes des parents, des changements identitaires aux plus jeunes et plus vulnérables des citoyens. Terminons par une citation d’un document de Vatican II donnée en Cour Supérieure par Me Jean-Pierre Bélisle, procureur pour les parents, pour appuyer la légitimité des actions des parents catholiques (et autres) qui veulent exercer de manière responsable leur autorité parentale : Qu'ils [les laïcs] attendent des prêtres lumières et forces spirituelles. Qu'ils ne pensent pas pour autant que leurs pasteurs aient une compétence telle qu'ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. Mais plutôt, éclairés par la sagesse chrétienne, prêtant fidèlement attention à l'enseignement du Magistère, qu'ils prennent eux-mêmes leurs responsabilités. (Gaudium et Spes, 43-2). Notons que le Magistère vivant est celui dont l'autorité s'exerce au nom du Christ, c'est-à-dire par les évêques en communion avec l'évêque de Rome (Wikipedia).

Jean Morse-Chevrier, présidente, Association des parents catholiques du Québec

http://www.laction.com/article-338709-Le-pouvoir-legitime-des-parents.html


Les chemins de Gravel
(en attente de publication) La Presse/Opinion, 2009-05-19

J’ai été surpris ce dimanche matin de lire les propos de l’abbé Gravel qui qualifiait les opposants au cours d’éthique et de culture religieuse de « …petit groupe d’opposants, plus fanatiques les uns que les autres ». Il ne pouvait s’arrêter et rajoutait vers la fin « …je me méfie de l’intégrisme fanatique des opposants ». Ça y’est le mot est lancé les opposants au cours d’ÉCR sont des fanatiques et des intégristes. Cette tactique de communication qu’emploi ce cher prêtre-média fait malheureusement de plus en plus sa place dans notre monde moderne et démontre le peu d’envergure intellectuelle des opposants à telle ou telle idée. Par exemple au États-Unis, avant même d’entendre les arguments d’un expert qui réclame de fixer un plafond pour les gaz à effet de serre on dira qu’il est liberal (lire à l’anglaise) …qui sera compris par la population américaine comme gauchiste voir même communiste. Au Québec c’est l’inverse, lorsque les Lucien Bouchard, Joseph Facal et autres parleront d’un Québec lucide, on dira qu’ils sont « à droite » afin de bien vendre l’idée qu’il ne vaut même pas la peine d’engager la conversation avec eux. Ce procédé qu’utilise M. Gravel est dans les faits une prise d’otage en règle, car l’individu ou le groupe qui se voit affubler de ces accusations, parce qu’à l’inverse du courant dominant, ne peut plus argumenter sur son idée avant d’avoir rétabli les faits quant à ce qu’il n’est pas. Un autre argument utilisé dans son texte, est celui de spécifier que les opposants au cours sont minoritaires. Ainsi, selon lui, le petit nombre est une preuve d’absence de légitimité. Ce genre d’argument repris mainte fois par les médias n’a rien à faire avec le droit et encore moins avec la raison car, à ce titre, les femmes qui furent à l’origine une poignée à réclamer le droit de vote, n’auraient jamais dû l’obtenir, tout comme les premiers antiesclavagiste et que dire de la secte du Nazaréen devenu les catholiques d’aujourd’hui. La valeur d’une idée se défend au poids de son argumentaire et non du nombre de ceux qui la soutiennent ; justifier avec le nombre seulement n’est, dans les faits, que l’argument de ceux qui manquent d’argument.

Sur les arguments

M. Gravel a vu juste en disant que la transmission de la foi appartient d’abord aux parents, mais pas seulement que la foi, M. Gravel. Avant l’État, les premiers éducateurs sont les parents car ils représentent la famille, toute première unité qui bâtie une société. Pourtant, le cours d’ÉCR banalise et supplante les parents dans la transmission de l’éthique et des valeurs. Dans certains cas il viendra même en contradiction avec les valeurs familiales… car les familles aussi ont des valeurs. Vous avouerez que c’est plus dur d’avoir ce même genre de conflit avec un cours de mathématique ou de français. Ainsi nous ne parlons pas d’un problème d’ordre religieux mais bel et bien du rôle de l’État versus le droit parental. Parlant de la responsabilité de la famille vis-à-vis de l’éducation des enfants, Charles de Koninck, ancien doyen de la faculté de philosophie de l’Université Laval, rappelait lors d’une conférence que « son droit est inaliénable, antérieur au droit de l'État, et inviolable ». Selon un vieil adage des régimes totalitaires, « quand nous sommes en minorité, nous réclamons pour nous la liberté au nom de vos principes ; quand nous sommes en majorité, nous vous la refusons au nom des nôtres. » L’abbé Gravel semble faire écho à cette maxime en écrivant que le cours « …favorise l’inclusion dans le respect de la dignité de chacun. C’est pourquoi il doit demeurer obligatoire pour tous sans exception. » Il faut savoir que le respect de la dignité de chacun a toujours été incompatible avec le mot obligatoire et qu’à ce titre nous vous souhaitons, M. Gravel, bienvenue parmi les intégristes !

Benoit Girouard
Père de 5 enfants et président Union paysanne


Cours d'éthique et de culture religieuse
Réponse à l'abbé Gravel
L’Action (Joliette), 2009-05-19

Monsieur Raymond Gravel, votre lettre sur le cours Éthique et culture religieuse m'a d'autant plus attristé que j'ai une grande admiration pour vous. Comment pouvez-vous être aussi méprisant pour des citoyens qui demandent qu'on respecte leur liberté de conscience et de religion : « Fanatiques », « ultra-catholiques », sans avoir « évalué la pertinence et le contenu » du programme. Tout en appuyant la demande d'exemption, je ne me reconnais aucunement sous ces termes : j'ai milité il y a plusieurs années pour la déconfessionnalisation de l'école Notre-Dame-des-Neiges à Montréal ; j'ai déjà écrit comment on devrait transformer le présent programme (revue Éthique publique, printemps 2008). Mais je respecte infiniment la liberté de conscience et de religion, donc le droit à l'exemption du cours ÉCR qui constitue le cœur du procès à Drummondville. D'autant plus que je trouve que le programme actuel, malgré les beaux objectifs affichés, contient des faiblesses majeures, surtout lorsqu'il s'adresse aux élèves du primaire. Peut-on discuter à un autre niveau que celui des invectives ? Vous dites que les objectifs du programme sont corrects. Oui, mais avez-vous analysé la structure et le contenu du programme ? Avez-vous analysé quelques manuels ? Personnellement, je ne pense pas que le cours réponde aux objectifs que vous désirez : « comprendre notre culture et notre héritage collectif » ou « montrer l'influence du christianisme dans l'évolution de la société québécoise ». On présente huit religions aux enfants de six et sept ans. Elles sont sur le même pied que des légendes grecques, des mythes et des contes que personne ne donne comme « croyances ». Le maître doit rester neutre dans les discussions entre enfants. Je ne vois pas en quoi le cours permettra « d'apprendre à distinguer un récit historique d'une légende ou d'un texte poétique ». Au contraire, c'est plutôt la confusion que le programme favorise. Les éléments des religions sont présentés de manière morcelée, sans que l'élève ne puisse saisir la signification profonde de la religion ou le sens qu'elle pourrait donner à sa vie. Le christianisme lui-même y est mal présenté, vidé de tout ce qui fait sa signification. Il n'est pas certain d'ailleurs qu'on lui donne la prépondérance demandée. Quand il est question des besoins de l'enfant, on en nomme cinq ou six, mais jamais les besoins d'ordre spirituel ou religieux ne sont cités. On cherche à développer l'esprit critique des jeunes enfants, y compris vis-à-vis les règles familiales et religieuses. On impose aux enfants du primaire des discussions qui relèvent davantage de la fin du secondaire. Il n'est pas question de transmission de la foi – on s'entend que celle-ci relève des parents et des communautés – mais de la transmission de connaissances religieuses ou d'acquisition de la culture religieuse qui a fait le Québec, ainsi que d'une véritable formation morale et non d'un cours de citoyenneté.

Les orientations du programme sont confirmées et accentuées par les affirmations et déclarations de certains rédacteurs ou conseillers du programme dans des revues ou des séances de formation organisées par le Ministère : l'un affirme « Tout est légitime » ; un autre déclare qu'il faut « apprendre à ébranler la suffisance identitaire » du jeune ; un troisième dit qu'il faut décentrer le jeune ; un quatrième qu'il faut apprendre à relativiser ; une diapositive d'une vidéo de formation signale qu'il faut poursuivre la déconfessionnalisation du système scolaire jusqu'à la « déconfessionnalisation des mentalités ». Dans les manuels utilisés à Drummondville (1re et 2e année), il y a deux prières à la Terre-Mère et au Grand-Esprit, aucune allusion au Notre Père. On parle de la Création en deuxième année en décrivant la légende autochtone du Grand-Lièvre : rien sur le récit biblique. On fait suivre le récit de Noël d'un « réveillon » chez les souris. On ne dit pas pourquoi Jésus pardonne à Zachée. Dans un autre manuel, on demande aux enfants de 12,13 ans d'inventer leur propre religion (fondateur et mythe fondateur, un ou des dieux, un code moral, un livre sacré, quelques rituels, quelques objets de culte) : jeu si l'on veut, mais on peut se demander ce que ce jeu induit dans la pensée de l'enfant. Ailleurs, on met la Révélation de Dieu à Mahomet à l'indicatif (« Dieu révéla à Mahomet le message divin ») alors qu'on utilise le conditionnel pour la Résurrection de Jésus (« ses disciples l'auraient rencontré bien vivant »). On décrit la place de la femme dans diverses religions de manière vraiment injuste pour le catholicisme. Une activité de réflexion de type yoga avec les tout petits a pour titre « Graine de doute » et donne le doute comme fruit de l'activité. Je suis particulièrement abasourdi par votre dernière phrase : « comme prêtre catholique, je fais confiance à la sagesse de nos évêques ». Que pensez-vous de la sagesse des évêques sur la contraception, l'homosexualité, le mariage des prêtres, l'ordination des femmes ? Question directement de leur ressort pastoral pourtant. Le concile Vatican II a d'ailleurs affirmé que dans les questions concrètes d'aménagement social et politique, il appartient aux laïcs de décider ; ceux-ci ne doivent pas penser que leurs pasteurs ont cette compétence, ni mission à cet effet (Gaudium et spes, no 43, paragraphe 2). Quant à la déclaration de l'épiscopat en 2008, elle rappelle que leur préférence demeure pour les options en enseignement religieux, elle signale de nombreuses faiblesses et difficultés qui affectent le programme, « dont certaines sont contournables », ce qui implique que certaines ne le sont pas. Et leur déclaration contient trois fois l'affirmation qu'ils sont devant un fait accompli : Ils sont loin d'approuver le programme. On peut comprendre leur fatigue quand on sait qu'ils se sont prononcés en faveur des options des dizaines de fois, notamment en 1997, 1999, 2000, 2005.

Guy Durand, théologien retraité, Dunham

http://www.laction.com/article-338676-Cours-dethique-et-de-culture-religieuse.html


Cette information a été colligée par....
Richard Décarie 
Coalition-CLE.org

« La seule condition au triomphe du mal, c’est l’inaction des gens de bien. » – Edmund BURKE (1729 – 1797)
(The only thing necessary for the triumph of evil is for good men to do nothing.)
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