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Quoi faire pour que nos messes deviennent plus intéressantes ?

Conférence de Raymond Beaugrand-Champagne donnée à la Cathédrale de Montréal, le 15 mai 2004

Dans son message du 29 avril dernier, Jean-Paul II nous invite en somme à rendre nos messes plus intéressantes. Il déclare ceci : " Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres " experts" en célébration, en adoration et en contemplation de l'Eucharistie ". Le pape parle de nous, les laïcs. Il dit en somme que nous devons devenir des "experts" dans notre façon de célébrer avec nos prêtres l'Eucharistie. Et le pape ajoute : " Le Peuple de Dieu tout entier, à chaque moment de son pèlerinage dans l'histoire, est appelé à partager la soif du Christ. Cette soif d'âmes à sauver fut toujours ressentie par les Saints. Je souhaite donc que les fidèles renforcent leur ardeur missionnaire, pour que soit maintenue vive, dans chaque communauté, " une véritable soif de l'Eucharistie ".

Comment faire alors pour arriver à faire ce que le pape vient de nous demander ? Voici, il me semble, ce qu'il faut absolument faire pour que nos messes deviennent plus intéressantes ! C'est le minimum. Il faut d'abord se décider à avoir une véritable vie intérieure et comprendre une fois pour toutes, nous les laïcs, que "le coeur du Dieu en qui nous croyons est habité par un double entêtement ! ". Oui, oui. Il faut savoir vraiment que Dieu est entêté comme le disait il y a déjà au moins 40 ans le Père André Liégé, ce dominicain français si apprécié au Québec quand il venait chaque année nous stimuler. Oui, Dieu est entêté. Cet entêtement de Dieu, comme le disait avec joie le Père Liégé, quand on sait ce que c'est, cela nous permet de comprendre tout d'abord ce qui se passe à la messe qui est le fruit de l'entêtement de Dieu. Ça permet aussi de chercher à tout faire pour accomplir ce que Dieu veut de nous pour que nos messes soient plus intéressantes !

Ce double entêtement de Dieu, tout le monde en parle depuis au moins 2,500 ans dans la tradition judéo-chrétienne. C'est tout d'abord l'immense fidélité d'amour de Dieu qui nous poursuit depuis tout ce temps et qu'il continue durant toutes nos messes. La fidélité d'amour de Dieu, ajoute le Père Liégé, n'est pas un simple caprice. Non. Sa fidélité ne peut que nous bouleverser. Quand on se met à être bouleversé par l'amour de Dieu, tout change. Alors, la messe peut devenir ce qu'il y a de plus intéressant, plus intéressant que n'importe quoi. La preuve, c'est que dans les monastères du monde entier, le point culminant de la journées des moines et des moniales qui, on le sait, ne cherchent que la perfection de l'amour, c'est la messe, la messe vécue et célébrée comme il faut.

Pourquoi les moines et les moniales célèbrent-ils avec autant d'importance cette messe solennelle tous les jours de leur vie ? C'est parce qu'ils ont compris que, par la messe, Dieu veut nous amener à sa communion, il veut nous unir à Lui dans l'amour. C'est justement ça que ces gens recherchent. Or, quand on sait cela jusqu'au tréfonds de notre âme, ça devient vraiment possible de changer bien des choses et de rendre nos messes intéressantes.

Mais attention, Dieu ne s'unira pas à nous si nous ne nous ouvrons pas au divin. Je m'explique. On ne va pas à la messe sans cette condition préalable : s'ouvrir au divin. Autrement, on risque de perdre son temps et d'être bien distrait, même indifférent. Si on va à la messe par habitude, même chaque jour, si on va à la messe parce que c'est ce qu'il convient de faire le dimanche quand on est catholique et qu'on en a le temps... ça risque fort d'être ennuyant et bien peu intéressant.

C'est là le premier entêtement de Dieu : il veut que nous nous ouvrions, que nous soyions prêts à partager sa Vie, et même à partager sa gloire. Partager sa gloire, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire partager sa vitalité divine, en nous disant bien que c'est là notre destinée, le but de toute notre existence : être vivant de la vie divine en nous. C'est pour ça que nous allons à la messe. C'est pour être plus vivant. C'est d'ailleurs pour ça que nous sommes en vie sur cette planète. C'est pour ça que nous avons été créés et mis sur la terre. Nous devons donc aller à la messe en nous ouvrant au divin, à l'action de Dieu en nous. C'est pour cela d'ailleurs, je vous le répète, que nous sommes sur la terre. J'espère que nous savons tous cela et que nous ne nous gênons pas pour le dire aux très jeunes enfants qui ne sont pas au courant autour de nous. Car si nous le savons, il est évident qu'il faut répandre cette vérité fondamentale même auprès de nos amis, et surtout, je le répète, de nos jeunes enfants. Et puis, j'ajouterais aussi qu'il faut le rappeler à nos vieillards qui approchent de la Grande Rencontre. Car beaucoup de gens âgés au Québec perdent la foi. C'est ce que m'ont avoué depuis quelques années des prêtres qui font du ministère dans des résidences de vieillards. Il y a plein de monde au bingo et beaucoup moins à la messe même le dimanche. Il ont oublié pourquoi ils sont sur la terre...

On nous apprenait cette vérité fondamentale à six ans, vers 1930. La 4e question du Petit Catéchisme tant décrié était celle-ci, (certains doivent bien d'en souvenir!) et c'est la plus importante de toutes les questions qu'un être humain peut se poser : " Pourquoi sommes-nous sur la terre ? " Et la réponse que nous apprenions par  était celle-ci : " Nous sommes sur la terre pour apprendre à connaître Dieu, à l'aimer et le servir en ce monde, et pour être heureux avec lui au Ciel pendant l'éternité ! " Nous sommes ici pour apprendre à connaître Dieu et à l'aimer. Et c'est pour cela que l'Église catholique nous offre des Eucharisties à tous les jours, partout ou presque, dans tous les pays ou presque ! C'est pour nous apprendre à nous unir à Dieu que nous allons à la messe. C'est pour nous unir davantage à Dieu que nous communions. C'est pour vivre que nous communions. Donc, le premier entêtement de Dieu, selon le Père Liégé, c'est que nous soyons attentifs, éveillés, heureux d'être à l'écoute. Il nous faut être disponibles.

Le deuxième entêtement de Dieu, c'est qu'il veut absolument nous aider. Il est entêté au point de susciter en chacun de nous, avec une immense patience, une étincelle d'amour. En sommes-nous vraiment conscients ? Oui, c'est Lui qui suscite cette étincelle d'amour en nous. Et cette étincelle, parfois bien fragile, il veut qu'elle provoque en nous le désir authentique de faire sa volonté. On répète depuis notre jeunesse : " Que ta volonté soit faite ! " Hé bien, sa volonté entêtée, c'est que nous arrivions avec son aide à vivre en étant brûlant d'amour. Il dépose cette étincelle d'amour en nous pour nous embraser. On le sait : Jésus le dit. Il est venu sur la terre pour y mettre le feu : " Je suis venu apporter un feu sur la terre et combien je voudrais qu'il soit déjà allumé ! " (Luc, 12, 49). Pour devenir brûlant, il faut être en état d'éveil comme disent les bouddhistes. Et il faut arriver à dire : " Oui ! " à Dieu.

Donc, pour que nos messes deviennent intéressantes, il faut tout d'abord deux choses : permettre à l'Esprit Saint d'allumer dans notre coeur et notre intelligence cette étincelle d'amour pour Dieu notre Père. Et n'oublions jamais, jamais que c'est à Dieu notre Père que toutes les messes s'adressent, même lors du Jour de Noël ou du Jour de Pâques, même lors des grandes fêtes de la sainte Vierge. C'est à Lui que nous demandons tout d'abord pardon de nos fautes au commencement de la messe. C'est Lui qui nous parle dans les Lectures. C'est à Lui que nous offrons du pain et du vin qui deviendront le Corps et le Sang de son divin Fils, Jésus. C'est par Jésus que nous Lui rendons gloire en arrivant au sommet de la messe : " Par Lui, avec Lui et en Lui, à Toi Dieu le Père Tout-Puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles, Amen ! " Cette doxologie, ce grand cri est le coeur même de la messe. C'est d'ailleurs ça, essentiellement, que dans une éternelle extase amoureuse nous allons faire durant l'éternité! C'est pour nous unir enfin à Lui que nous communierons au Corps et au Sang de son Fils, dans l'Unité de l'Esprit. J'aimerais d'ailleurs pour ma part que nous terminions nes messes par le Gloria. Ce serait tellement magnifique. On peut le faire silencieusement lors de notre Action de grâces personnelle quand nous revenons de communier. Le Gloria est toujours à la page 6 de nos Prions en Église. Nous pouvons le lire calmement, buvant doucement les paroles très anciennes qui datent au moins du IVe siècle, conscient que l'hostie encore présente en nous, nous plonge davantage dans la gloire trinitaire.

Une messe devient donc très très intéressante quand nous nous laissons brûler d'amour. Et cela se fait petit à petit dès le début, et tout au long de la messe, soutenus que nous sommes par l'Esprit Saint, par les prières, les lectures extraites de la Bible, l'offrande du pain et du vin, la consécration, la communion au Corps ressuscité du Christ. C'est là la condition première. Il faut pour cela être attentif à toutes les prières, les savourer, les prier intensément comme autant de brûlures. Ça peut prendre des mois et même des années pour y parvenir facilement, car ça se fait avec l'aide de l'Esprit Saint. Mais n'oublions pas que pour y arriver, ce n'est pas nécessaire que la messe soit bien célébrée par le prêtre. Si au contraire le célébrant est formidable et les chants sublimes, tant mieux ! Oui, si c'est le cas, tant mieux, et remercions-en Dieu. Remercions aussi le prêtre qui sera peut-être surpris, car on ne pense pas assez souvent de dire à nos prêtres combien nous avons apprécié l'occasion qu'ils nous ont donnée de mieux célébrer l'Eucharistie avec peut-être plus d'enthousiasme. Mais ce qui compte le plus, c'est tout d'abord que nous sachions que Dieu notre Père, qui est entêté (comme le prétendait autrefois le bon Père Liégé) veut nous combler de son amour. Il le veut absolument. Et puis, comme le disait un merveilleux franciscain qui est mort il y a à peine une semaine : " Ne vous plaignez pas de ce que la messe n'a duré qu'un quart d'heure. Dites-vous calmement qu'une messe est une messe, est une messe, est une messe. " Il avait bien raison. Mais une religieuse bien sympathique qui nous écoutait a ajouté avec humour et un beau sourire : " Je ne suis pas tellement contre les messes d'un quart d'heure, mon Père; ça nous donne plus de temps pour prier ! ". C'est une approche qui permet de ne pas trop souffir de ces céclébrations eucharistiques désacralisées. Et comme le dit le document récent du Vatican "Redemptoris sacramentum " : Ce ne sont pas des abus à prendre à la légère.

Je me permets d'ajouter à cette petite blague de cette Sour de la Congrégation, à quoi sert en effet un belle messe si nous demeurons plus ou moins distraits, si durant la célébration, nous sommes extérieurs à nous-mêmes, indifférents à ce qui se passe vraiment, savourant plutôt les chants de la chorale, admirant ce qui retient notre attention et qui demeure purement esthétique. À quoi cela sert-il de n'apprécier une messe que parce que le prêtre a belle allure et que tout le spectacle a la qualité d'un spectacle profane. La messe est bien plus qu'un spectacle. Elle peut l'être, un spectacle, et c'est tant mieux, comme on peut en admirer de très beaux dans les monastères bénédictins en particulier et dans des communautés comme la communauté des Béatitudes, chez les moniales de Bethléem qui ont une quarantaine de monastères dans le monde dont l'un ici à Chertsey, ou à Saint-Gervais à Paris avec les membres de la Fraternité de Jérusalem qui vont venir s'installer en septembre au sanctuaire du Très Saint-Sacrement, avenue du Mont-Royal. Mais il faut tout d'abord qu'on y prie vraiment. Car, ne l'oublions jamais, une belle messe peut ne pas être intéressante. S'il n'y a pas dans notre âme de démarche amoureuse, pas de volonté d'aimer, pas de prise de conscience profonde de la présence de la Trinité, c'est presque peine perdue. Nous ne sommes pas réunis par l'Église catholique dans un lieu donné pour demeurer inconscients et sans amour. Nous sommes réunis pour vivre dans l'amour. Il faut vraiment faire un effort et demander à Dieu de nous rendre attentifs. Il nous faut être partie prenante. Nous devons donc célébrer avec notre coeur et aussi avec notre corps. Comme le disait il y a quelques jours le pape Jean-Paul II : " Il faut des apôtres experts en célébration, en adoration et en contemplation de l'Eucharistie ".

Toute notre vie chrétienne dépend de cette éveil, de cette expertise dont parle le pape, de cette prise de conscience fondamentale. Et je dirais que ça commence dès que nous approchons du lieu où nous nous rendons pour participer à une messe. Car une église, une chapelle, ou une cathédrale, c'est un écrin. C'est un écrin dans lequel se trouve non seulement un tabernacle et ce que nous appelons la Sainte Réserve, c'est-à-dire des hosties consacrées qui sont la Présence réelle du Christ, mais aussi, et c'est très important de le réaliser, un autel central. Cet autel central qui est au coeur du bâtiment, c'est le lieu archi-sacré. C'est là, sur cet autel archi-sacré, que le temps et l'éternité se rencontrent durant la messe. Le miracle des miracles s'y opère. Tout d'abord, c'est là qu'a lieu l'offrande à Dieu notre Père du fruit de notre travail. C'est là que nous lui demandons d'envoyer son Esprit afin que le miracle s'opère. " Père, sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu'elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ". Ce miracle est absolument bouleversant. C'est sur cet autel que surgit dans le temps et l'espace le Christ Lui-même sous les apparences du pain et du vin lors de la consécration. C'est Jésus qui l'a dit : " Ceci est mon corps, ceci est mon sang ! Faites ceci en mémoire de moi ! ". L'hostie consacrée, nous rappelle le Père Varillon, n'est pas seulement le Christ, c'est aussi l'homme crucifié.

Ceci doit nous permettre de comprendre comment l'Eucharistie est le sacrement d'un Sacrifice. Ce mot n'est tellement apprécié aujourd'hui. Il n'y a pas si longtemps, on nous demandait de faire des sacrifices, ce qui voulait dire se priver de quelque chose. Or ici, il n'est pas question de cela. L'acte sacrificiel, dans le cas du Christ, ça veut dire " faire du sacré ", selon François Varillon. C'est ce qu'il y a de plus haut dans l'existence humaine et c'est d'ailleurs pourquoi nous ne saurions faire mieux que d'offrir le sacrifice de la messe. Ce sacrifice est ce par quoi nous accomplissons essentiellement notre vocation profonde. Parce que notre vocation profonde, c'est de nous épanouir en Dieu, dans l'Absolu. Le sacrifice n'est pas d'abord une privation, C'est une orientation positive de tout notre être, de toute notre vie vers Dieu. Et se donner à Dieu est la seule façon d'être vraiment soi-même. N'oublions jamais que Dieu est Amour. Et l'homme, dit Varillon, n'est pleinement homme que s'il est pour Dieu.

Je vais y revenir. Mais, pour le moment, soyons concrets. Pour réussir à faire de nos messes des messes intéressantes, commençons par parler de la façon d'entrer dans l'église, dans cet écrin qui est le château de Dieu comme disait mon petit-fils, Pascal, à 5 ans. Il faut commencer, tout le monde sait ça, par se signer avec de l'eau bénite - avec un certain respect quand on entre dans cet écrin sacré. C'est important, il me semble, de faire un signe de croix significatif, "qui a du bon sens " comme on dit ! On ne doit certainement pas se contenter d'un vague je-ne-sais-trop-quoi comme si nous chassions une mouche! Il faut se décider à devenir de plus en plus des croyants qui croient que le signe de la croix, c'est important. C'est le signe de l'amour total. Il ne s'agit pas de faire un grand signe de croix théâtral. Soyons simples et vrais. Et puis, il faut comprendre que cette eau bénite que nous avons au bout des doigts rappelle notre baptême. Il faut être logique et faire un effort d'attention pour y arriver. Le signe de la croix que nous traçons sur notre corps, pensons-y, est le début du désir que nous avons de rendre cette messe intéressante. C'est comme une étincelle d'amour. Nous devons ensuite faire attention de ne déranger personne en nous rendant à notre place. Gardons le silence pour respecter ceux qui prient et se prépare à participer à la messe. Et alors, arrivés à l'endroit choisi, faisons calmement une vraie génuflexion en direction de cet autel central archi-sacré, oui qui est sacré, sachant qu'en même temps, nous adorons de tout notre coeur le Christ au tabernacle à l'autel de la Sainte Réserve. Il y a là le Christ dont la Présence sacramentelle nous vient de ce miracle qui se déroule sur cet autel central chaque jour, peut-être plusieurs fois par jour tout au long de l'année.

Prenons conscience, en mettant le genou par terre, que Dieu est présent, extraordinairement présent dans ce bâtiment qui l'abrite et où nous venons ensemble l'adorer et le glorifier. La profonde génuflexion prendra alors tout son sens. Nous croyons en la Présence réelle du Christ dans le Pain consacré. Alors, que ce soit évident, sans ostentation, simplement. Dieu est là, vraiment présent. C'est sérieux. C'est extrêmement sérieux. C'était très très sérieux quand j'étais jeune On n'a aucune idée aujourd'hui du respect nous avions tous dans nos églises remplies. Nous le savions et nous y croyions fermement. Dieu était là, présent. Je me demande ce qui s'est passé. Comment pouvons-nous aujourd'hui ne pas y réfléchir à chaque fois que nous entrons chez lui. C'est sa maison. Il faut être respectueux, il faut être intériorisé. Il faut être vraiment éveillé à cette Présence mystérieuse. Il faut en même temps se préparer à ce grand mystère auquel nous allons bientôt participer. C'est à nous de rendre le climat de nos églises intéressant, pour que les messes soient intéressantes. C'est à nous, laïcs. Nous en sommes les premiers responsables. Notre attitude extérieure doit sans cesse être éclairée par notre foi et notre charité.

Savez-vous, soit dit en passant, ce que pensent certains musulmans fervents qui, par curiosité, viennent dans nos églises pour voir ce qui s'y passe ? J'aime bien écouter ceux qui ont entendu dire que nous croyons dur comme fer que Dieu y est présent. Ils me disent qu'ils sont souvent très surpris. Pourquoi? Parce que selon eux, trop de gens, même la plupart, agissent comme s'ils étaient dans un vague théâtre ou un cinéma. J'ai quelques amis algériens. Il y en a qui m'ont dit que si c'est vrai que Dieu est là, comment se fait-il que nous ne tombions pas à genoux pour adorer, le front par terre, comme ils le font eux-mêmes cinq fois par jour (en principe) ? Saviez-vous aussi que cette façon qu'ils ont d'adorer leur vient des moines catholiques ou nestoriens du VIIe siècle au temps de la vie de Mohamed qui a fondé leur religion. Ils nous ont emprunté cette façon d'adorer et aujourd'hui, nous nous émerveillons de les voir faire à chaque fois qu'on nous parle à la télévision de la religion qu'il pratiquent, l'Islam. Je me souviens d'ailleurs, quand nous étions jeunes, que si le Saint-Sacrement était exposé dans un ostensoir, sur le Maître-Autel, nous faisions sans le savoir comme les musulmans; la grande génuflexion à deux genoux et une inclination profonde, très profonde. Cela avait le bon côté d'entretenir notre foi en la Présence réelle.

Connaissez-vous tous le Père Varillon, ce jésuite exceptionnel qui a si bien parlé de l'Eucharistie et de la messe dans son chef-d'ouvre " Joie de croire, joie de vivre " paru aux éditions du Centurion en 1981? Je ne me fatigue pas de le relire. Pour lui, le mystère de l'Eucharistie est d'une telle profondeur que c'est impossible d'en épuiser le contenu. Il va jusqu'à dire que " l'Eucharistie est la récapitulation de tout. C'est l'unité de Dieu et de l'homme dans le Christ; du passé, du présent et de l'avenir; de la nature et de l'histoire; de l'accueil et du don ; de la mort et de la vie, etc.

Il a bien raison de s'enthousiasmer comme il le fait. Car " l'Eucharistie est le sacrement du Christ qui se donne en nourriture aux hommes pour les transformer en Lui-même et ainsi constituer son Corps mystique qui est l'Église. Le mot " mystique " ici ne s'oppose pas du tout à " réel ". Le Corps mystique du Christ qu'est l'Église, c'est encore plus réel que ce que nous pensons souvent être réel et qui ne dure qu'un temps, même nos constructions les plus vastes et nos sculptures les plus impressionnantes.

Jésus se donne pour que l'Église soit vivante par chacun de nous, membres de son Corps mystique. Pour mieux comprendre cela, je vous rappelle ce que disait le Père Liégé au début. Le but fondamental de Dieu dans son entêtement admirable, c'est de s'unir tous les hommes dans l'amour, de leur faire partager sa Vie, sa Joie, son Bonheur. C'est ce qu'on appelle l'Alliance. C'est un immense mariage de Dieu avec l'humanité. Cette Alliance est dans la Bible à partir de Noé avec son arc-en-ciel jusqu'à Jésus-Christ qui consacre la veille de sa mort, lors de la Première Messe, " le calice de la Nouvelle et Éternelle Alliance ". C'est une union d'amour plus grande que tous les plus beaux mariages. Quand nous absorbons l'hostie lors de la Communion, c'est aussi Dieu qui nous absorbe.

Je vous cite avant d'aller plus loin, ces lignes du Père Varillon qui sont les plus belles que j'aie lues à ce sujet :
" Le Christ qui meurt et ressuscite se fait lui-même nourriture afin de devenir la chair de la chair de l'humanité - beaucoup plus radicalement qu'en une étreinte qui ne rapproche deux corps qu'un seul instant, Dieu, dans l'Eucharistie, épouse véritablement l'homme. À la base du mystère eucharistique, il y a cette idée de nourriture; elle est absolument essentielle.

L'Eucharistie n'est donc pas seulement un repas que l'on prend ensemble. ... Si le symbolisme est pris simplement au niveau du repas comme être-ensemble, il n'exprime pas la réalité la plus fondamentale qui est celle d'une fusion achevant l'amour entre époux... Ce qui est primordial dans l'Eucharistie, ce n'est pas simplement la présence du Christ. Le Christ n'est pas là pour être là. Il est là pour se donner à nous en nourriture afin que l'union entre lui et nous soit la plus totale possible... Certes, la présence du Christ dans l'Eucharistie est une présence réelle. Elle est même la plus réelle de toutes les présences car elle est une présence réalisante. L'Eucharistie réalise la présence du Christ dans nos actes libres : " Qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie en lui " dit Jésus (Jean, 6. 54). C'est tout ce qu'il y a de plus réel, déclare le Père Varillon.

Les évêques de Suisse, dans un document daté du 23 avril, ont bien résumé la question en déclarant que " la célébration de l'Eucharistie requiert le plus grand soin; cette attention et ce respect sont l'expression d'une attitude intérieure, qui est centrale : dans la célébration de la messe, il y va fondamentalement de l'union personnelle avec le Christ, que l'on peut expérimenter dans ce grand don qu'est l'Eucharistie.

Ayons le souci que la forme dans laquelle l'Eucharistie est célébrée - comme prière de l'Église tout entière - soit empreinte de toute l'attention et de tout le respect qui lui sont dus, en particulier la Prière eucharistique qui s'adresse dans sa totalité au Père. Il faut donc que le célébrant soit pleinement conscient qu'il s'adresse à Dieu notre Père, et que toute l'assemblée se rende compte qu'il parle à Quelqu'un, quelqu'un qui mérite qu'on Lui parle avec attention, respect et une foi profonde.

Souvenons-nous de ce que de nombreux évêques ont aussi déclaré lors d'un important synode : "La Bonne nouvelle de Jésus Christ ne peut être annoncée que par ceux qui sont pris et inspirés par l'amour du Père pour ses enfants, manifesté dans la personne de Jésus Christ. Cette annonce est une mission de saints hommes et de saintes femmes qui feront connaître et aimer le Sauveur PAR LEURS VIES. Un feu, disent ces évêques, ne peut être allumé que par quelque chose qui est lui-même enflammé. Ainsi, une annonce réussie de la Bonne Nouvelle du Salut, de la libération des âmes, ne peut être mise en place que si les Évêques, les prêtres, les religieux et LES LAÏCS EUX-MÊMES EMBRASÉS PAR L'AMOUR DU CHRIST ET BRÛLANTS DE ZÈLE pour le faire connaître plus. largement, le faire aimer plus intensément et le faire suivre de plus près ! "

Cela me rappelle le très très beau texte de saint Augustin :
" AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX "
Une fois pour toutes t'est donné ce court précepte : Aime et fais ce que tu veux.
Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour.
Si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour.
Aie au fond du coeur la racine de l'amour ; de cette racine, il ne peut sortir que du bon !

Et voici une petite histoire pour finir :
Ça commence avec la remarque d'une jeune fille engagée par rapport à la guerre en Irak, d'une manière d'ailleurs très intelligente :
" La messe, j'en ai ras le bol ! Mes parents m'ont trop souvent obligée à y aller !"
Quelqu'un lui dit : " Je pense que vous ne saisissez pas très bien le lien entre l'Eucharistie et votre engagement politique ! "
Elle le regarde et pense qu'il est complètement fou, et répond : "Ben voyons, absolument pas ! Quel lien ?"
" Oh ! Alors, si vous ne saisissez pas ce lien, je comprends très bien que vous n'alliez plus à la messe. À quoi ça servirait ? Si vous alliez à la messe, c'est pour que le Christ divinise toute votre activité engagée, c'est pour que le Christ donne une dimension nouvelle à toute votre tâche humaine. Votre travail consiste à établir la paix entre les hommes. C'est une activité qui est transformante. Toute activité humaine humanisante est transformante, qu'il s'agisse du niveau modeste des relations entre époux, entre parents et enfants, entre enseignants et étudiants, etc. À la communion, le Christ se donne à nous en nourriture pour que nous ayons non seulement une énergie humaine, mais une énergie véritablement divine pour travailler à construire la communauté humaine fraternelle. Car, sans le Christ, nous ne pouvons rien faire au fond. " (Jean 15, 5) - Le Christ, Mademoiselle, est donc présent pas comme quelqu'un qui tombe du ciel. Non, le Christ est vivant. C'est le fruit de la transformation divinisante qu'il opère dans ce mystère le plus central de notre foi qu'est l'Eucharistie. L'hostie consacrée n'est pas seulement le Christ, c'est aussi l'homme christifié. C'est cela dont vous ne semblez pas vouloir. Vous devriez peut-être y songer sérieusement. Communiez chaque jour, Mademoiselle. Vous verrez ce qui va se produire. Vous verrez aussi combien c'est intéressant, c'est passionnant de vivre de la messe ! " .

Raymond Beaugrand-Champagne
Rencontres spirituelles : (plus de 1100 émissions en format Microsoft WMA9)
Courriel : raybc@total.net
Site Web : www.dieu-parmi-nous.com
Tél: (514) 931-2807 (Montréal)

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