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Le document qui suit a été rédigé par des personnes (du Secrétariat V.V.V.) qui s'étonnent qu'un Programme d'éthique et de culture religieuse qui se voudrait en fait philosophiquement "neutre", ait été déterminé et imposé par le gouvernement du Québec à tous les jeunes du primaire et du secondaire, à partir de septembre 2008. Mais en visant de la neutralité ce programme causera en réalité une neutralisation religieuse. Ce qu'on peut reprocher à ce Programme d'éthique et de culture religieuse est de ne pas tenir compte de la donnée la plus importante pour toute personne qui pratique une religion: la foi. L'argumentation de cette supplique se situe ainsi dans le registre de pensée de catholiques croyants, et le Programme d'éthique et de culture religieuse se situe dans un registre de pensée philosophique d'éthique et de culture religieuse neutre, en fait incroyante et donc neutralisante de la vie même de la religion qui est la foi en l'existence, l'immanence et l'amour incommensurable et éducateur de Dieu pour chaque être humain. Peut-on imposer une culture philosophique provenant d'hommes et de femmes qui se voudraient bien neutres, mais qui dans la réalité sont plutôt incroyants, à des enfants de parents qui croient dans le salut de l'humanité entière par Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, et qui voudraient transmettre ces valeurs à leurs propres enfants, mais avec les mots mêmes de leur magistère ecclésial?...  On doit, il semble, laisser aux croyants la tâche de préparer le programme et d'enseigner la religion plutôt qu'à des philosophes bien intentionnés, mais qui n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font parce qu'ils n'ont pas encore reçu ou accepté la grâce ou la lumière de la foi. La culture et l'éthique religieuse sans foi, c'est comme un corps sans tête, c'est une philosophie sans âme, sans espérance vraie. Le gouvernement n'a pas de compétence comme tel d'enseigner les religions, les croyants seuls peuvent prétendre transmettre une religion. Les ennemis de la foi n'ont pas plus de droits que les croyants dans un gouvernement neutre.

« Malheur à l'État, même républicain, qui pousserait assez loin la confiance en soi pour s'imaginer que dans ce grand pays de France, dans notre démocratie française, en présence de cet immense besoin de savoir qui est l'honneur et la force de la société moderne l'État pourrait prendre, à lui tout seul, le monopole de l'enseignement ! Non, c'est un rêve aussi impossible, une utopie aussi déraisonnable que de lui attribuer, par exemple, le monopole de la bienfaisance. » Jules Ferry (1882, Discours devant l'Association philotechnique).




Sous la bannière de Jésus, Voie, Vérité, Vie, le service d'information V.V.V. rassemble des membres de diverses associations chrétiennes, non en tant que membres de ces associations, mais en tant que citoyens. Le service d'information V.V.V. ne constitue pas un organisme juridiquement structuré, mais un cercle culturel ouvert autant aux protestants qu'aux catholiques, qui s'unissent en toute liberté en vue de témoigner ensemble, en tant que citoyens, de leur foi en Jésus-Christ.

L'adhésion à ce service d'information ne comporte aucun frais. Cependant, des offrandes libres sont acceptées avec reconnaissance pour défrayer les coûts d'impression de documents et les frais de poste. On s'inscrit auprès de :

Secrétariat V.V.V.
a/s Jean-Claude Bleau
15, Pierre-Boucher
Boucherville, Qc J4B 5A5

Ce document a été édité par le service d'information V.V.V. le 11 mai 2008.



V. V. V.

Je Suis la Voie, la Vérité, la Vie.

Mgr Martin Veillette, président
Assemblée des évêques catholiques du Québec,
1225, boul. St Joseph Est,
Montréal, P. Qc. H2J 1L7

Supplique aux évêques catholiques du Québec

En faveur de la foi de nos enfants

Monseigneur,

Le communiqué de l'Assemblée de nos évêques du 11 mars dernier concernant le Programme d'éthique et de culture religieuse obligatoire, adressé à Madame Michelle Courchesne, Ministre de l'éducation du Québec, cause un préjudice important à tous les parents catholiques qui ont à coeur la transmission de la foi catholique - avec ses valeurs morales et culturelles spécifiques - à leurs enfants.

À vous qui avez reçu une si haute mission de la part du Christ : Allez, enseignez toutes les nations, et qui avez été constitués pour paître une portion choisie de son troupeau, permettez que des chrétiens de tous milieux, comportant une majorité de parents catholiques, vous adressent cette supplique pleine de confiance filiale à la suite de leurs considérations sur l'effet de votre déclaration.

La gravité de la situation de notre société

Pour les chrétiens du Québec, l'évolution actuelle est lourde de menaces. Un cri de révolte, faisant écho à celui de l'Antique serpent, s'est propagé dans notre province : débarrassons-nous du Christ et de son Église. Le présent n'est plus la foi, le présent n'est plus même la raison, c'est l'idée de Dieu, - du Dieu véritable - qui est en péril. Le présent n'est plus la justice ni l'honneur, la loi qui domine est celle des plus bas intérêts, qui fondent un nouveau droit, qu'on érige effrontément contre les lois divines. Le présent n'est plus la vertu, le simple respect de la loi morale naturelle. Une nouvelle morale exalte ouvertement le vice et méprise les vertus chrétiennes. Sommes-nous culturellement engagés dans un effroyable retour aux principes moraux du paganisme, si contraires à la dignité de la personne humaine ? Incertaine de sa route et de son but, la société est semblable à un homme ivre. Elle estime fièrement s'être libérée de Dieu, débarrassée enfin de la religion catholique.

Devant le phénomène social sans précédent du " terrorisme intégriste laïque ", auquel nous faisons face et qui est en train de disloquer entièrement notre société, atteinte de phtisie morale propagée par ceux qui sont officiellement hostiles au Christ et à son Église, la gravité de la situation nous oblige en conscience à vous adresser cette supplique afin que vous puissiez revenir sur la teneur de votre communiqué.

Comment en est-on arrivé là ?

Le programme Éthique et Culture Religieuse concocté par des idéologues, experts en fourberie, du ministère de l'Éducation du Québec, est l'aboutissement très habile de ce qui a été conçu et défendu depuis plusieurs décennies par Le Mouvement Laïque Québécois, dont l'origine maçonnique ne fait aucun doute. Il suffit de connaître les principes qui ont toujours inspiré la franc-maçonnerie pour voir d'une façon évidente l'influence qu'elle exerce depuis 1960 sur le système d'éducation du Québec. Ces principes se trouvent exprimés à la fois de façon concise et précise par l'Évêque actuel de Fréjus-Toulon Mgr. Dominique Rey dans un livre récent : Peut-on être chrétien et franc-maçon ? éd. Salvator 2007.

Les sites Internet dont dispose la franc-maçonnerie - notamment le Grand Orient de France - nous fournissent de précieux renseignements sur la philosophie de cette puissante organisation anti-chrétienne. Cette philosophie qui transparait dans le programme Éthique et culture religieuse que le Ministère de l'éducation veut rendre obligatoire pour tous les enfants du Québec, dès septembre prochain. Et cela, à l'encontre du droit naturel qu'ont les parents catholiques concernant la formation morale et religieuse qu'ils désirent donner à leurs enfants. Ce programme, qui vise en réalité la destruction de la foi catholique, leur est imposé de la façon la plus anti-démocratique, car ils n'ont pas été consultés. Et combien de parents sont vraiment au courant du contenu doctrinal empoisonné que leurs enfants devront forcément absorber par ce programme obligatoire ? Hélas, au lieu de vous y opposer fermement, comme cela est votre devoir sacré de docteurs et de défenseurs de la foi du Christ transmise par les apôtres, et pour laquelle tant de martyrs ont donné leur vie, vous portez la complaisance envers le gouvernement jusqu'à affirmer dans votre déclaration du 17 mars 2008, qu'au plan de la citoyenneté, ce programme est tout à fait pertinent :

“La contribution éducative attendue de ce programme se situe principalement sur le plan de la citoyenneté : " la reconnaissance de l'autre et la poursuite du bien commun ". Il s'agit d'apprendre à vivre ensemble dans une société pluraliste. Nous souscrivons à cet objectif et invitons la population catholique à en reconnaître la pertinence. Les transformations qui ont profondément marqué notre société nous y incitent de façon pressante. Le dialogue autour de questions éthiques et religieuses pourra aider les jeunes de diverses croyances et convictions à mieux se respecter mutuellement. Par ailleurs, l'ensemble des élèves seront initiés à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante. On pourra ainsi éviter la perte de toute mémoire chrétienne parmi les générations montantes”. (art, 7 de la Déclaration des évêques du Québec)

Il faudrait bien voir, n'est-ce pas, même en demeurant sur le plan de la vie civile, quel type de citoyens futurs du Québec, ce programme entend former. Dans Le Devoir du 24 avril 2008, M. Mathieu Bock-Côté en trace le portrait réel qui relève d'un "utopisme" malfaisant, celui d'un multiculturalisme ennemi de l'authentique héritage culturel du Québec, qu'il dénonce ainsi :

...Le programme Éthique et culture religieuse s'articule parfaitement avec le nouvel enseignement de l'histoire qui met de côté la dimension nationale pour le calibrer plutôt dans le registre du multiculturalisme le plus actif. Ce dernier est en fait un nouveau régime politique qui, à défaut de reposer sur le consentement du Québec des adultes, a décidé d'accoucher au sein même des écoles d'un peuple qui ne le contestera plus. Intoxiquée par l'idéologie multiculturaliste, la technologie pédagogique s'est retournée contre le Québec. Le Québec historique n'est plus désiré par l'idéologie multiculturelle qui transformera la société en grand laboratoire à ciel ouvert où les ingénieurs sociaux pourront s'amuser avec des enfants devenus cobayes. Le multiculturalisme est porteur de l'utopie d'une société post-nationale et post-occidentale, une utopie qui entre en crise partout dans le monde, la crise des accommodements raisonnables en ayant témoigné au Québec. Mais c'est le propre des utopies malfaisantes de se radicaliser au moment de leur entrée en vigueur...”

Et voilà pour le grand avantage socio-culturel, souligné par nos évêques, du programme Éthique et culture religieuse du ministère de l'éducation.

C'est par ailleurs, nous le reconnaissons bien, non sans de très sérieuses réserves en regard du contenu catéchétique et de la formation des maîtres, et en raison du manque d'information des parents, que nos évêques recommandent l'implantation de ce programme, qu'ils désireraient progressive au moins pour le primaire : “Pour ces diverses raisons, nous désirons plaider pour une implantation progressive de ce programme, tout au moins au primaire, comme l'autorise l'article 459 de la Loi sur l'instruction publique. Ceci permettrait une information plus complète des parents et une meilleure acceptation de leur part, laisserait plus de temps pour la formation du personnel enseignant et pour la production de matériel didactique de qualité, et permettrait de prévenir certains effets non désirés du programme”.

Les effets pervers certains du programme Éthique et Culture religieuse

Tous les parents catholiques qui s'associent à moi dans cette lettre estiment que les effets potentiellement négatifs du programme sur les jeunes ne sont pas du tout difficiles à prévoir, car leur perception relève en bonne part du simple bon sens, ou encore de ce que saint Thomas d'Aquin appelle “l'instinct de la foi”. N'en faire une évaluation complète qu'au terme d'un délai de trois à cinq ans ne tient pas compte de la très grave erreur qui est à la base de ce programme d'éthique et de culture religieuse et qui consiste à envisager la religion comme un pur phénomène aux multiples manifestations : ce qui revient à nier à la religion voulue de Dieu son caractère surnaturel. On n'étudie plus alors la religion par rapport à ce que Dieu lui-même en a révélé, et donc selon la seule révélation divine authentique contenue dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Les enfants catholiques seront nécessairement conduits à envisager les diverses religions comme des traditions purement humaines. Et sans être enracinés dans leur propre religion, sans avoir la maturité intellectuelle suffisante, ils seront invités à entrer en dialogue avec ceux qui ne partagent pas leurs croyances et à ne rien penser et dire qui puisse les “offenser”, et par suite, par “esprit oecuménique” sans doute, à accepter comme valables toutes les religions. Le principe naturaliste et relativiste sur lequel se fonde le programme d'éthique et de culture religieuse le vicie essentiellement. L'objectif du vivre ensemble proposé par le programme cache une manoeuvre hypocrite qui aura pour effet tout à fait prévisible de détourner les jeunes de la seule vraie religion révélée par Dieu, du seul Sauveur des hommes, le Verbe de Dieu incarné, de la seule véritable Église voulue de Dieu comme société universelle du salut, que Jésus-Christ a fondée sur Pierre, et qui est la sainte Église catholique romaine.

En mettant Jésus-Christ sur le même pied que les autres fondateurs de religion, on perd nécessairement de vue la foi en la divinité de sa Personne et de sa mission. Et n'est-ce pas ce que suppose le programme Éthique et culture religieuse sous le prétexte spécieux de l'appartenance à une nouvelle société québécoise transformée, devenue pluraliste ? Ne faut-il pas plutôt travailler dans un esprit missionnaire, qui cherche uniquement le salut des âmes, à ce que le Québec retrouve sa véritable identité culturelle, celle que lui ont léguée ses saints fondateurs ? Est-ce que la mission de l'Église de proclamer fidèlement et exclusivement dans le monde entier l'Évangile de Jésus-Christ ne serait pas possible dans un Québec pluraliste qui a plus que jamais besoin de conversion ? La transmission de la foi catholique, dont vous portez les premiers la responsabilité et l'honneur, rencontrera toujours des oppositions, et comme Notre-Seigneur l'a prédit, suscitera toujours des persécutions soulevées par l'Adversaire du Christ. C'est pourquoi elle exige des témoins intrépides, prêts à tout sacrifier pour le nom de Jésus-Christ. S'il faut respecter les personnes, les erreurs diffusées par les religions non-chrétiennes et par les sectes ne méritent, elles, aucun respect.

En tant que parents catholiques, nous revendiquons nos droits

Il ne s'agit pas pour nous, parents catholiques, de susciter la moindre animosité que ce soit envers les non-catholiques, mais de revendiquer énergiquement nos droits au respect complet de nos convictions morales et religieuses, de nos droits injustement ignorés et même violés par l'État. Si l'État prétend être laïque, il n'y a qu'une façon vraie et honnête de l'être, et elle consiste à ne pas s'immiscer dans le domaine de l'éducation religieuse, en cherchant à imposer subtilement ses propres dogmes moraux et religieux ; il doit donc laisser l'Église entièrement libre d'accomplir sa mission. Une saine laïcité, en effet, suppose la distinction des pouvoirs civil et religieux et le respect des compétences appartenant à l'un et à l'autre. Par le programme Éthique et culture religieuse, il est évident que l'État empiète sur l'autorité de l'Église et prétend, en quelque sorte, élever la voix au-dessus de la voix de l'Église pour en relativiser complètement l'enseignement, c'est-à-dire en détruire, dans la pratique, les fondements divins et la portée universelle. Et cela au nom du vivre ensemble et du bien commun. Comme si l'État pouvait tracer la route de l'unité compromise par l'affrontement culturel des religions, et comme si le bien commun supposait la relativisation des croyances religieuses.

Les prétentions religieuses d'un État laïque. Sa dérive au sujet de l'unité et du bien commun

Non, l'État, en imposant dans le système scolaire, à partir du primaire, son propre programme de culture religieuse, ne réussira jamais à améliorer le vivre ensemble, c'est-à-dire l'unité de notre société. Il faudrait être bien naïf pour le penser. L'État, en s'immisçant dans le domaine religieux, ne réussira qu'à en augmenter la confusion. Se pourrait-il, d'autre part, qu'avec un grand nombre d'autres gouvernements laïques, légiférant curieusement en éducation religieuse, il se propose d'apporter sa contribution à la création politique d'une nouvelle religion mondiale, faisant l'unité de toutes les religions, dont notre religion catholique ? Nous savons que ce projet mondialiste, comportant la dissolution de la foi catholique, - car elle constitue l'obstacle majeur à la création politique d'une nouvelle religion universelle, - existe vraiment. L'unité dans l'ordre de la religion, la véritable unité religieuse entre les citoyens de quelque pays que ce soit, ne peut se bâtir que sur la base des principes chrétiens. Ce n'est qu'en se soumettant à l'autorité du Dieu de la Révélation et du Christ qu'il a envoyé sur la terre comme le seul Prince de la paix qu'il pourra y avoir l'unité voulue de Dieu entre les hommes. Et c'est là la grande mission de l'Église, chargée de convertir le monde à Jésus-Christ. L'unité politique, qu'elle soit nationale ou mondiale, est bien différente de cette unité incomparablement supérieure qui correspond à la mission de l'Église. L'unité politique résulte, elle, de la justice, qui rend à chaque citoyen, en droits et devoirs, ce qui lui est dû. Elle ne peut exister réellement sans le respect et même la promotion des droits fondamentaux de la personne humaine, dont l'un des plus essentiels est le droit à la liberté religieuse. Or, ce droit suppose pour les parents catholiques qu'on leur accorde la possibilité de faire donner à leurs enfants, par l'école de leur choix, une éducation morale et religieuse conforme à leurs convictions. Tel est le devoir qu'impose à l'État le vrai bien commun. S'il n'est pas du tout question pour un État laïque, contrairement à ce qu'exigerait le vrai bien commun, de respecter le droit naturel des parents et des enfants catholiques à une école catholique, qu'au moins, sous le prétexte d'un concept mensonger de bien commun, l'État n'ait pas l'outrecuidance, comme le ferait un État totalitaire, d'imposer aux enfants catholiques un programme de culture religieuse qui, dans sa conception et son organisation, sape les fondements mêmes de leur foi catholique. Le respect concret par l'État des droits de ses citoyens catholiques, qui sont citoyens à part entière et constituent une bonne partie de sa population, est exigé par le bien commun de l'État. Le bien commun, selon sa droite notion, réclame donc juste le contraire de ce que fait l'État, lorsque, abusant de son pouvoir, il impose à des citoyens catholiques, sous le couvert de la culture, une vision de la religion, qui confond à leurs yeux toutes les croyances et vise à les "familiariser", sous prétexte d'unité, avec les plus graves de toutes les erreurs, celles qui concernent les relations de l'homme avec Dieu, et les relations des hommes entre eux.

La foi chrétienne radicalement mise en question

Il faut reconnaître que les concepteurs du programme Éthique et Culture religieuse ont su voiler le but réel qu'ils poursuivent en se proposant de familiariser les enfants avec les différentes manifestations du “phénomène religieux”. Les belles expressions qu'ils emploient, comme le titre même du programme (éthique et culture religieuse), la noble intention qu'ils auraient de favoriser le vivre ensemble et la réalisation du bien commun sont propres à inspirer confiance et à faire apparaître comme malveillant tout doute concernant le bien-fondé du programme. Mais le mensonge, même bien enveloppé, se trahit toujours par quelque côté. Ainsi, sous le titre “La mise en place d'un programme d'éthique et de culture religieuse : une orientation d'avenir pour tous les jeunes du Québec”, les responsables du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec affirment, entre autre, dans le site du dit ministère, qu'au regard de la formation en culture religieuse, le programme permettra aux élèves de reconnaître que des personnes puisent ailleurs que dans la religion leur conception de la vie, de la mort, de la souffrance, etc. Ce programme permettra donc aux élèves de reconnaître que la religion n'est pas essentielle comme fondement premier des valeurs intellectuelles, morales et spirituelles. Le vrai, le faux, le bien, le mal, les droits et les devoirs peuvent pour certains n'avoir d'autre règle ultime que leur propre autorité, et la culture religieuse promue par le “magistère” du ministère de l'éducation du nouveau Québec enseigne à regarder cette option comme tout à fait légitime, parce que l'exigeraient ainsi aujourd'hui le vivre ensemble et le bien commun. Il s'ensuit que l'athéisme, aussi bien que n'importe quelle religion, peut apporter une réponse valable aux questions fondamentales que se pose, un jour ou l'autre, tout être humain, concernant le sens de la destinée humaine. Et s'il est possible de puiser ailleurs que dans la religion sa conception de la vie, de la mort, de la souffrance, etc,. aucune religion ne peut prétendre apporter la seule réponse absolument vraie à ces questions. La foi chrétienne se trouve ainsi radicalement mise en question. Car, entièrement fondée sur la Parole du vrai Dieu qui ne peut se tromper ni nous tromper, et par ailleurs en conformité avec les plus hautes exigences de la raison, elle est en fait la seule qui apporte une réponse infaillible à ces questions essentielles dont dépend le bonheur de l'homme dans le temps et l'éternité.

Par ailleurs, le choix que font certains citoyens de ne professer aucune religion est lui-même, quoiqu'on puisse en dire, d'ordre religieux ; ils en arrivent à professer la plus exécrable des religions, celle où le “moi” se fait Dieu. C'est pourquoi ces gens, malheureusement privés de la lumière du vrai Dieu, sont incapables de quelque compréhension que ce soit du sens véritable de la destinée humaine. Ils puisent donc dans la plus fausse de toutes les religions, qui ne fait qu'un avec le laïcisme absolu ou intégriste, leur conception de la vie, de la souffrance et de la mort. Cet aspect du programme de “culture religieuse” inculquée par le ministère de l'éducation est très révélateur de l'idéologie qui le sous-tend. Est-il difficile de comprendre que devant la masse des erreurs, des inepties et des manières de faire bizarres que comportent tant de religions d'origine humaine, dont, cela est bien évident, on ne détachera pas d'une façon très claire et très nette la religion catholique comme étant la seule voulue de Dieu, bien des élèves “intelligents” choisiront de n'en pratiquer aucune, c'est-à-dire de s'en tenir à la seule raison. Ce sera leur façon de se situer de façon réfléchie au regard des diverses religions, comme le souhaite expressément les grands maîtres religieux du ministère de l'éducation.

Certes, la réflexion sur les idées religieuses est non seulement très utile mais nécessaire. Cependant, lorsqu'il s'agit d'enfants, pour lesquels le don qu'ils ont reçu au baptême de la foi catholique est ce qu'il y a sur la terre de plus précieux, il importe que les vérités de la foi leur soient d'abord transmises fidèlement et le plus complètement possible. Suivre une méthode inverse revient à soumettre la foi à la raison, c'est-à-dire verser dans le rationalisme, qui fait de la raison, - et quel que soit même le stage de son développement -, le plus haut critère de la vérité. La foi prêchée par le Christ et les apôtres ne craint effectivement rien de la raison. Elle répond au contraire aux questions les plus ardues qu'elle peut lui poser dans sa soif de connaître et elle lui apporte toujours, si elle est disposée à la recevoir, une très vive lumière, venant ainsi au secours de sa faiblesse. C'est la sage méthode de catéchèse dont s'est toujours servi l'Église, et dont le pape Benoît XVI nous donne les plus magnifiques exemples.

L'École laïque : un grand succès pour les ennemis de l'Église

Depuis la Révolution française, les ennemis de l'Église, en France d'abord, puis dans plusieurs pays chrétiens, dont le nôtre, ont effectivement cherché à imposer habilement et progressivement, selon les possibilités que leur offraient les circonstances, une nouvelle religion, la religion du rationalisme destructeur de la foi. Ce fut une grande victoire pour les révolutionnaires, lorsqu'ils ont réussi à dresser un trône pour la Déesse Raison sur l'autel majeur de la basilique Notre-Dame-de-Paris. Les auteurs catholiques les plus autorisés qui ont étudié les principes de la Révolution française en reconnaissent tous l'inspiration foncièrement maçonnique.

Quant à la situation actuelle du Québec, nous sommes obligés de constater que parmi les nombreuses causes de la déchristianisation de notre Province et en particulier de la déconfessionnalisation de nos écoles, il y eut, par méconnaissance de l'action des loges maçonniques, qui travaillent toujours dans l'ombre, un abandon progressif de nos droits, dans une atmosphère d'inadvertance générale, même de la part du clergé. Un exemple plus récent fut le retrait de la Constitution de notre pays de l'article 93, que nos pères avaient inscrit dans la charte canadienne, et qui accordait une reconnaissance légale à la confessionnalité scolaire. Cet article de notre constitution était une barrière tellement efficace à la création d'un système scolaire totalement laïque que, sans la faire sauter, notre gouvernement du Québec ne pouvait achever l'exécution intégrale du nouveau système éducatif en grande partie élaboré par le Mouvement laïque québécois, et fortement réclamé par ses membres et sympathisants, faisant tous à coeur joie l'oeuvre de la franc-maçonnerie, consciemment ou inconsciemment. En échange de promesses que les droits à l'enseignement de la religion seraient protégés à l'intérieur du Québec, les représentants de la hiérarchie catholique ont cru bon de ne pas faire d'opposition de principe à l'amendement de l'article 93 de l'A.A.N.B. (Acte de l'Amérique du Nord Britannique). Mais ils ont été trompés, car il est certain que cet amendement n'était voulu par le gouvernement du Québec que pour abolir définitivement et totalement tout enseignement religieux confessionnel à l'école.

La confessionnalité scolaire maintenant entièrement abolie, l'école laïque s'installant fièrement sans aucun obstacle légal, dans un pays de souche chrétienne, le Christ officiellement délogé de nos écoles et remplacé par la raison de chacun, proclamée juge suprême des vérités de la foi divine comme de toutes les croyances d'origine humaine, quel énorme succès pour les ennemis de notre Église catholique ! Le nouveau programme d'Éthique et de Culture religieuse du ministère de l'éducation, admettant le catholicisme comme une religion parmi les autres dans un cadre culturel indépendant de tout enseignement confessionnel, serait le prix de consolation offert généreusement par le gouvernement à nos évêques, en récompense de la très utile collaboration qu'ils font au bien commun de l'État, en lui cédant les droits des parents et des enfants catholiques à une éducation religieuse vraiment conforme à leur foi.

Nos considérations.

Plusieurs groupements ou associations de parents catholiques, qui découvrent la vaste entreprise des “forces obscures” qui sont à l'oeuvre, selon l'expression du pape Pie XII, pour laïciser partout dans le monde l'authentique culture religieuse, - en la dissociant de la vraie foi qui ne peut tolérer d'être mêlée à l'erreur -, se rassemblent présentement pour dénoncer tant sur le plan pédagogique que doctrinal la mainmise dictatoriale de l'État sur l'éducation de leurs enfants.

Quelle peine pour eux de voir que votre position officielle, rappelée au début de cette lettre, vient paralyser les efforts qu'ils mettent à défendre leurs droits inaliénables ! Ils en ressentent une véritable détresse morale.

Des pédagogues d'expérience, des éducateurs de carrière ont bien étudié le programme qui sera appliqué et le dénoncent tant sur le plan des principes d'une saine philosophie que de la pédagogie. Vous avez sûrement lu les différents articles qu'ils ont écrits dans les journaux. Notamment le remarquable article Éthique et culture religieuse - Un programme dénué de véritable culture religieuse, que sept professeurs de philosophie de Québec ont signé dans le journal Le Devoir, (édition du 17 janvier 2008). Leur conclusion, qui n'en est pas une d'enfants d'école mais de maîtres de sagesse, devrait ouvrir les yeux de tous nos responsables religieux :

En soumettant le contenu religieux au seul examen de la raison éthique, le programme ne peut que disqualifier les croyances et l'univers religieux. C'est là une façon de miner à la base l'existence même de la foi et de la croyance religieuse. Bref, le programme omet de faire état de ce que le phénomène religieux contient de plus précieux en ce qui a trait au coeur même des préoccupations humaines mentionnées ci-dessus. [...] Ce programme est davantage une injure à l'endroit du fait religieux comme tel et une insulte aux croyants de toutes les confessions. [...]

Les plus attachés à l'Église parmi nos politiciens ne sont pas, de leur côté, sans avoir perçu l'illusion des beaux principes sous-jacents au programme Éthique et culture religieuse et ses effets extrêmement négatifs, spécialement pour la jeunesse catholique du Québec. Mais, à la suite de votre communiqué à la ministre du ministère de l'éducation, ils se voient dans l'impossibilité de prendre publiquement position contre votre avis. Comment peuvent-ils, au parlement, en raison leurs convictions d'hommes politiques catholiques, s'opposer à l'orientation donnée par leurs évêques ?

Toute la population du pays se rend bien compte aussi de votre désaccord avec votre confrère de Québec, le cardinal Marc Ouellet, dans l'action courageuse qu'il mène pour défendre la cause qui devrait être de celles qui vous tiennent le plus à coeur : la liberté de l'enseignement. Alors que tous, même ses adversaires, reconnaissent sa supériorité intellectuelle, que faites-vous sinon l'isoler, en faisant remarquer, même publiquement, qu'il n'exprime que ses opinions personnelles...? Cette attitude, qui est la vôtre, est pour nous, chrétiens de la base, tout à fait désolante. Cependant nous n'avons pas perdu pour cela confiance en vous. Parce que vous êtes et demeurez nos Pasteurs, et nous sommes vos brebis.

Notre demande

Comprenez que ce sont des chrétiens en détresse, qui s'adressent à vous et attendent de leurs pasteurs ce que dirait Celui qu'ils représentent, Celui qui, seul, est la Voie, la Vérité et la Vie pour tous les hommes. Nous nous débattons dans un monde où l'injustice est devenue universelle ; notre société tombée dans le rationalisme et l'indifférence exerce sur nous, laïques et chefs de familles catholiques, une oppression savante, perfide... On n'a plus aucune retenue pour accuser notre Église, pour la calomnier, pour violer les droits de ses membres ; ses ennemis se sentent entièrement libres de restreindre de plus en plus sa liberté. Au nom des " droits de l'homme " mal compris, ils ne manquent aucune occasion pour mépriser, pour fouler aux pieds les droits de Dieu et du Christ-Seigneur.

Nous aiderez-vous à défendre la foi de nos enfants que nous considérons gravement mise en péril par le programme obligatoire Éthique et culture religieuse du ministère de l'éducation ? Nous aiderez-vous, au moins, à dénoncer le caractère obligatoire de ce pernicieux programme, sur la base de votre mission surnaturelle et de la nôtre, puisque nous sommes, en vertu du droit naturel les premiers éducateurs de nos enfants ? Nous aiderez-vous à obtenir pour nos enfants la liberté minimale d'en être exemptés, afin d'éviter qu'un grave défaut de vigilance, de votre part et de notre part, nous fasse encourir ensemble une participation à la sévère condamnation divine, qui pèse sur ceux qui scandalisent ou laissent scandaliser les enfants ? Il serait illusoire de penser que, néanmoins les mérites de ceux qui s'y dévouent, les parcours catéchétiques donnés par les paroisses, le dimanche, - ne fût-ce que parce qu'ils rejoignent dans la pratique très peu d'enfants et pour des moments très brefs -, soient suffisants comme formule d'éducation à la foi catholique de nos jeunes, obligatoirement soumis ensuite durant toute la semaine au lavage de cerveau du programme gouvernemental. C'est un cri du coeur que nous vous lançons : veuillez nous aider à transmettre à nos enfants la foi reçue de nos ancêtres ! Vous savez que nos racines sont saintes. La mémoire de l'héritage spirituel qui nous a été légué de génération en génération depuis le berceau de la culture française et catholique au Canada avec la fondation de la ville de Québec, il y a quatre cents ans, nous appelle dans les circonstances actuelles à un renouveau de fidélité à la foi et à l'amour qu'avaient nos pères pour Jésus-Christ. Nous ne voulons pas que nos descendants soient des incroyants. Le réclament autant l'honneur que nous avons d'être fils de l'Église que celui de la noblesse du sang qui coule dans nos veines.

Monseigneur, à cette supplique que nous adressons par vous à tous nos évêques, nous joignons l'assurance de nos ferventes prières, demandant particulièrement aux saints fondateurs de l'Église canadienne de vous venir en aide pour que, par votre saint apostolat, les âmes qui vous sont confiées soient sauvées et Dieu parfaitement glorifié. Vous évêques, qui avez reçu la plénitude du sacerdoce avec une plus abondante effusion des dons du Saint Esprit, si vous vous leviez ensemble pour faire franchement face aux ennemis de l'Église, la victoire vous serait assurée, car si puissants qu'ils soient, les ennemis du nom chrétien ne sont forts que de notre faiblesse. Votre parole est écoutée quand vous défendez les droits des travailleurs ; pourquoi ne le serait-elle pas lorsqu'il s'agit de défendre les droits de Jésus-Christ ?

Veuillez croire en notre sincère affection et confiance filiale.

Humblement, au nom de tous ceux qui m'ont demandé de les représenter et qui adhèrent à la seule Voie pour aller au Père, Jésus-Christ, qui a dit : Je suis la Voie, la Vérité et la Vie.

En la solennité de la Pentecôte 2008.

Jean-Claude Bleau

Cc : à tous vos confrères, au nonce apostolique et à notre Pasteur Suprême Benoît XVI.


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